« J’étais bouleversée, je me sentais dévalorisée et déboussolée. Exactement comme lorsque j’ai perdu mon père » : l’histoire de Laura*

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Mon père est décédé il y a environ quatre ans et depuis, ma famille n’est plus la même. En fait, aucun d’entre nous ne s’en est vraiment remis.

Je me suis forcée à retourner à mes cours de danse. C’était la seule chose sur laquelle j’étais capable de me concentrer et aussi la seule chose qui me donnait l’impression d’être heureuse depuis la mort de mon père. Ma sœur Jessica est une danseuse elle aussi. Elle a toujours été beaucoup plus populaire que moi. Elle avait vraiment beaucoup d’amis et elle obtenait toujours le rôle solo au spectacle du printemps. Mais, ce printemps-là, j’ai été sélectionnée pour me joindre à Jessica dans la classe des plus vieux et je pouvais voir que ça ne lui faisait pas plaisir. Elle a toujours été du genre à se moquer de moi de temps en temps, mais depuis que j’ai rejoint son groupe devenu de pire en pire. Elle et ses amis riaient de moi et m’intimidaient constamment. Ils me traitaient de noms, montaient les autres jeunes contre moi et faisaient circuler des rumeurs à mon sujet. Je n’ai pas laissée tout ça affecter mon moral. Je m’entrainais tous les jours jusqu’à ce que je maîtrise la chorégraphie à la perfection et ça devenait plus facile jour après jour. À l’approche du spectacle du printemps, j’étais bien énervée. Mes efforts étaient récompensés car j’ai été choisi pour le rôle solo. Je ne tenais plus en place, je voulais juste rentrer chez moi et annoncer la bonne nouvelle à ma mère.

Lorsque je suis rentrée à la maison ce soir-là, j’ai remarqué que ma sœur me lançait des sourires moqueurs et des regards bizarres. Je suis rentrée dans ma chambre et ma mère m’y attendait, assise sur mon lit avec un regard anxieux. Elle m’a dit que ce n’était pas juste que j’aie obtenu le solo parce que ma sœur avait travaillé plus fort et plus longtemps que moi. Elle voulait que je laisse le rôle du solo à ma sœur. J’ai essayé de lui expliquer que j’avais pratiqué tous les jours et que j’avais hâte d’être au spectacle, mais elle ne voulait rien savoir.

J’étais bouleversée, je me sentais inutile et déboussolée. Exactement comme lorsque j’ai perdu mon père.

Je n’avais personne à qui parler et je vivais tellement d’émotions que je n’arrivais pas à gérer. J’avais besoin de parler à quelqu’un, mais je n’avais personne. J’ai donc appelé Jeunesse, J’écoute.

L’intervenante a dit que j’avais été courageuse d’avoir appelé et que ça paraissait dans ma voix que j’étais fâchée. Elle a dit qu’elle comprenait que je ne voulais pas décevoir ma mère et ma sœur, mais que c’était correct de prendre en compte mes propres sentiments.

Elle m’a aussi encouragé à expliquer à ma mère et à ma sœur à quel point la danse, c’est important pour moi. Après tout, c’est ma passion, alors peut-être que si je le leur disais elles me comprendraient un peu mieux. Elle avait raison! J’ai pris le temps de parler à ma mère et à ma sœur et je leur ai expliqué ce que je ressentais. Avant, j’avais toujours du mal à exprimer clairement ce que je ressentais, mais là, ma mère répétait que tout ce qu’elle voulait c’est que je sois heureuse. Ma sœur était moins indulgente au départ, mais après un certain temps, elle aussi s’est montrée plus compréhensive.

La bonne nouvelle c’est que je n’ai pas eu à renoncer à ma chorégraphie solo.

Les relations avec ma mère et ma sœur sont encore tendues parfois, mais en général, ça va beaucoup mieux. Rien ne pourra jamais remplacer mon père, mais pour le moment, je peux au moins compter sur la danse et une famille plus heureuse qui a moins de difficulté à s’entendre.

*Inspiré de l’histoire réelle d’une cliente. Certains détails ont été altérés pour assurer l’anonymat et la confidentialité des informations du client.